Autour de deux créations radiophoniques singulières, une proposition de poésie à la radio, ou de poésie de la radio, et une découverte de la création radiophonique contemporaine, au travers d’une fiction et d’un travail documentaire interrogeant, justement, l’écoute.
Maison
Par Edouard Levé
Réalisation Marie-Christine Clauzet
Produit par les Ateliers de Création Radiophoniques de France Culture
Publié en 2002 (éditions P.O.L.), OEuvres décrit 533 projets d’oeuvres d’art dont Edouard Levé a eu l’idée, mais qu’il n’a pas réalisées. En 2005, l’auteur tire de ce catalogue d’art imaginaire une fiction sonore : Maison.
Un homme reçoit par la poste les clés d’une demeure sise dans une campagne reculée. Des oeuvres d’art y sont installées, au milieu d’un décor bourgeois de villégiature muséifié. La voix du visiteur solitaire, qui n’est autre que celle de l’auteur, décrit ce qu’elle voit et entend. Les oeuvres se mélangent aux objets, le décor se fond dans l’illusion. On croise alors une gazelle empaillée dans la peau du léopard qui l’a tuée, Sympathy for the Devil interprétée a capella par un chanteur baroque, une maison en néons, un bootleg Bach/Debussy, collection de vrais faux et de faux vrais, un flûtiste lisant un texte en partition, un blouson en vache folle et un musée des poussières…
Enquête en haut-fonds
par Éric la Casa et Jean-Luc Guionnet
réalisation : Pierre Willer
Prix de la Scam 2006
Produit pour Surpris par la nuit, France Culture.
L’émission part d’une hypothèse : vivre dans le bruit oriente la pensée (on pourrait ajouter : comme de vivre sur une île ou dans une roulotte), imperturbablement et impartial dans la façon, qu’il s’agisse du périphérique ou du ressac, ramenant pourtant inévitablement avec eux leur charge symbolique et imaginaire, partie prenante du bruit. Nous nous proposons d’aller éprouver sur place comment a lieu cette influence : d’écouter ce bruit vécu au quotidien et d’entendre la parole qu’il suscite.
En contrepoint, les auteurs, chacun à leur façon, témoignent de leur expérience du “ bruit de fond ” comme praticiens (de la prise de son et du documentaire pour l’un, de la musique et des arts plastiques pour l’autre, se retrouvant tous deux sur la composition).